Des herbicides à la Béguère

Quelques adhérents de notre association fréquentent régulièrement la coulée verte de la Béguère (rive gauche du Touch) ; ils nous ont fait part ces dernières années de l'état pitoyable du couvert végétal dans ce secteur.
Après enquête de notre part, il s'est avéré qu'un agriculteur non résidant sur la commune de Plaisance utilise son droit de mise en jachère subventionné par la Politique Agricole Commune (P.A.C) - à raison de 307 euros l'hectare - pour " arroser aux herbicides ", et ceci en toute légalité, 80 hectares de surface agricole non cultivée.
D'autres méthodes moins polluantes (roto-broyage, par exemple) sont pratiquées dans le secteur par des agriculteurs résidents, plus soucieux de la préservation de la nature, de sa faune sauvage voire éventuellement aquatique…
Ces pratiques nous heurtent, nous les jugeons attentatoires à la qualité de la vie et à notre environnement. Ici ou ailleurs, les municipalités sont-elles avisées, ont-elles un pouvoir pour préconiser voire inciter à une autre alternative ? La question est posée !
A l'image de ce que nous avons constaté sur la Béguère, quand nous savons que 80 % des subventions européennes bénéficient à 20 % d'agriculteurs productivistes qui tendent tous aux rendements maximum pour être " compétitif ", alors que nous savons que ces rendements s'obtiennent d'abord en augmentant toujours plus le dosage d'engrais, d'herbicides et de pesticides, et en pompant énormément d'eau dans les rivières, lacs et nappes phréatiques, nous sommes en droit d'être inquiets.
Bref, la " compétitivité " au sens où l'entend Pascal Lamy - commissaire européen - est durablement incompatible avec l'agriculture durable, qui ne mérite cette appellation que si elle permet de protéger l'eau, la faune, la flore de toute dégradation intempestive et irréversible.

0 commentaires: